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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 10:34

  La partie précédente ( ICI ), n'a représenté qu'à peine le quart de mon séjour au Népal, le sujet est donc largement survolé, et retranscrit plus une impression qu'une analyse objective. 

 

  Pour ce qui est de la marche, il en est tout autre. Bien informé et bien préparé, je suis parti de Roissy avec mes 20 kg de bagages, des jarrets bien affûtés et une pharmacie pléthorique.

 

 Je suis revenu sans regret, j'ai utilisé (tout) mon matériel sans qu'il m'ait manqué quoi que ce soit, et sans me faire la moindre ampoule aux pieds.

Epargné aussi par le mal des montagnes et la tourista (merci micropur*) j'ai pu profiter pleinement de mon trek...

 Même si:

- Passé les 4500m il n'était pas rare que ça me tambourinait derrière les oreilles.

- A 5000m il était nécessaire de se relever lentement après s'être baissé pour lacer les souliers, et que le matin, le réveil était désagréable avec une sensation de manquer d'air ...  tant que je restais allongé.

 

L'acclimatation tranquille de la première semaine (2400 m-->4000 m) m'a permis de découvrir paisiblement des paysages proches des Alpes et/ou du Canada (Phakding, Monju...jusqu'à Namche Bazar).

 

  N (500) Douche libre

Jusqu'à 4000m, la végétation (sauvage et cultivée) est riche, rappelant celle des Alpes. J'ai même pensé au "Saut du Loup", près de Vence, devant cette cascade.

 

Les premières difficultés ressenties sont plus liées à nos habitudes de vie d'Européens confrontés à une nouvelle réalité:

- pour se laver:

Malgré l'eau omniprésente, le prix des douches augmente avec l'altitude tout en se réduisant en durée...et en température.

- Pour s'alimenter:

Le peu de variété des repas (pâtes, riz, pommes de terre et thé noir), et l'absence de fruit comme de viande durant près de 3 semaines ont rapidement démoralisé les plus fragiles du groupe.

Bien avant les problèmes physiques liés à la gêne à respirer en altitude, quelques limites sont déjà touchées (des limites qui sont "facilement" éloignées en ouvrant le porte monnaie). 

  Des "anciens" de notre groupe ont d'ailleurs été déçus par cette réalité qui ne leur semblait pas exister il y a 10 et 5 ans. 

 

  N (286) Fermes

 Après une semaine d'acclimatation pour éviter le mal de l'altitude lié à la raréfaction de l'oxygène, nous plafonnons entre 4500 et 5500 mètres.

 

Jusqu'ici (Macherno), je me lavais dehors en caleçon, au bord d'un ruisseau ou d'une source...

A 5h du matin cela amusait les porteurs. Mais passé ce cap, il commençait à faire "frais".

Une constante tout au long de ce trek m'a fait sourire: il est exceptionnel de voir un Népalais se laver torse nu....Mais il est impossible de ne pas les voir se laver les dents!

Des enfants aux adultes, ils ont tous leur brosse avec eux tout au long de la journée.

Evidemment, les dentistes, dans le coin....Vaut certainement mieux prévenir que (ne pas) guérir!

 

 

N (291) Vue de Machermo

Des paysages grandioses abolument pas restitués par la photo, par le manque de couleur, de relief et d'échelle. 


Puis, la grimpette se poursuivant, le décor se vide de sa végétation, mon regard se fixe alors sur le jeu entre les nuages et la montagne.
C'est quelque chose de nouveau pour moi.

 

N (389) L Everest dans les nuages

Là non plus, une image figée ne rend pas les jeux d'ombres et de lumières . La partie de chat et de la souris qui se joue entre les nuages et la montagne reste pourtant un fabuleux souvenir.


Les masses cotonneuses sont vues de face, et non plus du dessous, elles luttent pour passer les sommets et semblent même nous poursuivre.

 

N (317) Moraine

 

Après s'être accumulés, les nuages débordent des crêtes et envahissent les vallées jusqu'alors ensoleillées.

 

N (353) Les nuages arrivent

 

Les moraines sont une autre nouveauté pour moi. J'avais bien déjà vu "notre Mer de glace", mais jamais un décor quasi lunaire comme celui-là.

 

N (311) Moraine et glacier

 

Du glacier au fond à droite, des bruits d'eau et des craquements nous provenaient en permanence, et qui, malgré l'absence de végétaux, assurait une présence bien vivante.

 

N (328) Glacier sommet Cho La

La passe de la Cho La (5500m) une "grimpette" mémorable pour découvrir que la descente ne le sera pas moins...


Toujours derrière nous lors de notre marche vers le camp de base de l'Everest, nous serons rattrapés par les nuages (et la pluie) quelques minutes après notre arrivée dans ce cul de sac somptueux...

 

N (352) Vers le camps de base

Le chemin pour aller au camp de base à partir de Gorak Shep peut changer tous les ans, en fonction des avalanches de l'hiver passé.


Avec nul part plus loin où aller et sans abri, nous avons subi notre première pluie du voyage.

 

Rolvel

Petit souvenir laissé au camp de base de l'Everest...les pluies ont l'ont certainement déjà effacé!


Les surprises furent nombreuses:


Je ne m'attendais pas à découvrir le crâne du yéti, par exemple.

 

N (261) Crane Yéti

Pour que le bonze ouvre cette armoire, au monastère de Khumjung Comba, il fallait que chaque visiteur présent glisse un billet dans la "Donation box". 

 

Je n'aurais pas imaginé non plus, que les hommes (pour ne pas dire des adolescents) portaient plus que les yacks, dans ces montagnes.

 

N (222) Moulins à prière

 

La charge portée peut monter jusqu'à 120kg...

Tout est monté à dos d'homme (et de femme), de la friandise au meuble en kit!

A méditer: lorsqu'on exige son confort à 5000m d'altittude il faut savoir qu'il n'y a pas d'autoroute. Même si certains endroits possède un héliport, les marchandises déchargées sont toutes autres que des barres chocolatées et de la bière.

 

Les porteurs sanglent leur charge sur un panier tressé qu'il porte sur leur dos et en traction sur leur front par l'intermédiaire d'une sangle.

 

N (431) Porteur

 

La "canne" sert pour la marche. A l'arrêt, le porteur la glisse sous son panier pour y appuyer son fardeau le temps de sa pause.

Il existe tout au long des chemins des "reposes charges": des sortes de marches creusées dans la paroi ou des rebords en pierre où les porteurs posent leurs paniers

 

A l'entente du mot "Yack", il faut se coller au coté montagne (surtout pas ravin) du sentier....

Impossible d'éviter de marcher dans une de leurs bouses...

Cela arrivera implacablement, pourtant elles sont recherchées et ramassées.

 

N (419) Yack droit devant

Les bouses séchées (sur les murs des maisons ou des jardins) servent au chauffage (le démarrage se fait au kérosène...Une odeur qui devient rapidement insupportable). 

 

Si les jours passés au Népal furent une source de découvertes incessantes....

 

N (594) Kathmandu

 Kathmandu vu du monastère d'Amitahba en fin d'après-midi...

 

.... je me souviendrais également de mes nuits!

Comme au Japon, si le jour se lève tôt la nuit n'attend pas non plus pour arriver.

 

21h est une heure tardive là-bas.

La fatigue de la journée et le lever précoce du lendemain (5h) interdisent de garder les yeux ouverts encore bien longtemps!

 

Je n'ai jamais eu froid, mais le matin le coté extérieur de mon duvet était systématiquement trempé.

 

De retour à Kathmandu, je me délectais d'un confort retrouvé, et il fût apprécié à sa juste valeur!

 

N (596) Nuit sur Kathmandu 

 ... et la même vue de nuit

 

Si Gokyo possède un site merveilleux avec ses lacs sacrés et sa vue sur l'Everest, c'est aussi le creuset du profit touristique!

 

 N (303) Gokyo

Gokyo et un de ses lacs sacrés. Si le tour de ce lac est absolument à faire, dormir sur le site est à éviter!  

 

Village artificiel Gokyo " n'existe" que 4 mois dans l'année, plusieurs lodges y sont tenus par des profiteurs conscients que les touristes ne reviendront probablement pas...

 

N (302) Gokyo ri

Profitant d'un site merveilleux et d'un must à escalader - le Gokyo-ri - les conditions d'hébergements sont immondes, et les tarifs prohibitifs.


C'est d'autant plus marquant que plus haut en altitude (à Gorak Shep, au pied du Kala Patthar) nous avons été des mieux accueillis.

 

N (384) Coucher de soleil à Gorak Shep


Un site qui est tout aussi superbe à découvrir, et pourtant moins facile d'accès.

Mais qui propose des conditions d'hébergement des plus correctes pour un tarif identique, voire moindre.

 

N (398) Vue du sommet du Kala Patthar moins de nuages 

5500m dos à l'Everest: les nuages sont moins présents, et la vue moins bouchée.

Je suis resté là assis un bon moment... Certainement jamais je ne retournerai aussi haut.. Il a fallu que l'on m'appelle pour que je me décide à repartir.


Les montagnes sont grandioses, ici,nous sommes à 700 mètres au-dessus du Mont Blanc, mais les limites de la chaîne de l'Himalaya semblent pourtant encore bien loin d'être atteintes!

 

N (283) Pause


Aucune de mes photos ne pourra jamais rendre le jeu impressionnant des nuages et de la montagne que j'ai pu observer au Népal... Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé de le capturer!

 

 N (337) Pheriche Après le lac

 

Idem pour  l'immensité, et la majestuosité des espaces...  J'ai compris que la montagne, comme le dit la pub, "Ca se gagne", ça ne se transmet pas.

 

N (427) Ancienne mode

Par moment, de gros délires engendrés par la fatigue, émaillaient notre marche. Les éléments du décor mixaient nos craintes et nos espoirs, comme ici face à l'ancienne passerelle, toujours présente mais désertée ... faute de téméraire aventurier...

 

Quelques souvenirs me font encore sourire...

... Et peut-être une question restera:

 

N'était-ce pas un rêve?

 

N (575) Coucher sur les montagnes   

 

Et ce ne sont pas les fragrances lancinantes de l'encens ramené de Kathmandu qui facilitent mon retour à la réalité parisienne...

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commentaires

Carla 14/11/2010 13:03


Encore merci pour cet article qui nous permet de nous approcher, un tout petit peu mais un petit peu quand même, de ce que vous avez vu et vécu pdt votre voyage !


Rolvel 15/11/2010 08:31



J'ai tenté de présenter les grandes lignes du trek, et de montrer ce qu'on ne voit pas à Paris!



gavroche 13/11/2010 13:35


bonjour merci pour ces magnifiques photos
je pense que meme plus jeune je n'aurais pas eue
le courage de supporter tout les aleas de ce genre de randonnee
mais je comprend ta "difficultee" a revenir parmis nous!
en ville bon samedi amities


Rolvel 15/11/2010 08:29



C'est la décision d'y aller qui se fait peser longtemps, une fois parti, on se découvre de nouveaux pôles d'intérets, voire une nouvelle passion! Dans ma vie, j'ai plus fait de la plongée que de
la montagne, et même si l'idée m'effleurait je n'aurai jamais cru que j'irai si haut!


Bonne semaine



Balladine 12/11/2010 22:42


Bravo pour ces photos superbes, que de souvenirs me reviennent au fur et à mesure de la lecture, et me donnent presque envie d'enfiler à nouveau mes chaussures de rando pour grimper sur les
sentiers escarpés de ce beau pays.


Rolvel 13/11/2010 11:34



Je ne le referai pas tout de suite, mais je sais déjà que c'est quelque chose qui va me "retitiller" plus tard.


J'ai encore du mal à planifier ma vie au rythme parisien, je reste avec délectation sur mon petit nuage népalais... Les priorités d'ici semblent tellement moins urgentes après ce genre de
rencontre.


Bon week-end!



Armide+Pistol 12/11/2010 12:13


Le faste des décors est à la hauteur de ce que j'imaginais.
Et j'ai resenti un peu les mêmes frustrations vis à vis de la nourriture. Les intérieurs sont impeccables, mais les conditions d'hygiène à l'extérieur sont différentes des notres.


Rolvel 13/11/2010 11:12



Personnellement, j'ai vécu bien mieux les problèmes d'alimentation que ceux liés à la respiration...Mais une bonne moitié du groupe avec lequel je voyageais a très mal vécu cette
expèrience, et s'est gavée de barres aux céréales ou au chocolat (périmées) pour compenser.


Pour l'hygiène s'est personne dépendant... Mais ne pas prendre de douche après un effort me dérange particulièrement. En fonction de l'altitude, c'est entre 3 et 7 euro pour
10 minutes d'eau (pas toujours) chaude. Un luxe que je ne me suis pas refusé souvent.


Bon Week end!



monique 12/11/2010 11:33


Que c'est beau ! je suis restée un bon moment devant le Dragon de Jade , comme j'aurais aimé être à ta place mais il me faudrait une chaise à porteur pour supporter tant d'épreuves, moi qui marche
si peu !


Rolvel 13/11/2010 10:52



Certains louent des chevaux pour circuler, mais c'est déconseillé: le mal des montagnes survient plus rapidement (acclimatation réduite). Bon week end!



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