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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 20:10

Comme d'habitude, je vous conseille de promener la souris sur les photos pour un complément d'informations.

 

Les catacombes...  

 

Après la courte introduction précédente et ses quelques éléments historiques (voir  ICI), il est temps de descendre dans les boyaux de Paname...

 

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Une randonnée à 25m sous terre, dans un labyrinthe à température constante (13°C), sans courant d'air, et où les bruits de la ville disparaissent progressivement.

 

Et, à la manière de la Petite Ceinture (voir  ICI), un sentiment de vivre une "expérience interdite" m'étreint ... non sans plaisirs!

Cette promenade "cachée" permet de replacer bien des informations vues précédemment dans la cave des Capucins, comme les plans d'un ouvrage à même le mur...

 

 Plan échelle 1

 

... ou les puits de visite permettant de contrôler le respect de construction d'un mur ou d'un pilier.

 

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Cette descente 25m sous terre, dans un monde où l'imagination règne, parasitant régulièrement les informations destinées à nos sens.

 

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Mais seulement après un certain temps d'adaptation.

 

 

Fini le fard orangé de la visite pédagogique du matin.

Cette fois, nous sommes dans les couloirs "interdits" à la circulation (depuis 1955).

Les souvenirs que j'en ramène sont à double ton:

 

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Celui de mes souvenirs photographiés, clairs et restituant la réalité des lieux...

Faciles à expliquer aux proches, sur l'écran du salon.

 

Hospice des pères de la Charité frontale   

 

Puis l'autre, celui dont je me souviens, à l'éclairage de ma frontale...

Parce que ce n'est en rien comparable de voir ce mur pris au flash:

 

 Hospice des pères de la Charité

 

Assis au fond de ce puits, j'ai entendu des pas résonner, le passage d'un véhicule ... Aucun doute, la ville est là-haut!

 

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Des sons à peine perceptibles, que peut-être seulement l'habitude aide à identifier...

J'imagine que, dans le noir complet, et éloigné de cet amplificateur, l'imagination dirigerait certainement vers d'autres sources l'origine de ces bruits!

 

Et que dire des choix qui s'imposent?

 

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Pour continuer, il faut choisir un des 2 couloirs...

Le choix est simple:

Une distance plus courte et finir plié en deux pour aboutir à l'objectif....

 

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... Ou plus long et plus confortable... mais il va falloir se mouiller!

 

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Quelle blague, d'ici la fin de la journée j'aurai fait les deux!!!

....Et avec plaisir!

 

J'ai même rampé 4 fois dans une chatière crayeuse parce que j'avais oublié d'aller voir une salle...et que je reste avant tout un grand curieux!

 

Et c'est bien là l'un des charmes de l'exploration de ces carrières.

La juste limite entre la réalité et l'imagination dépend de chacun.

 

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On y prend ce que l'on y trouve... mais c'est passé au filtre de sa personnalité et de son imagination.

De retour à la maison, la confrontation des photos avec les souvenirs met bien en évidence cette dualité.

 

Certains clichés ne valent que par le moment vécu en bas qui s'y rattache.

A l'image de cette concrétion:

dévoilée d'un bloc par le flash, elle surprend un peu au milieu des murs si réguliers des carrières. 

 

 

 

Parcouru à la lueur de la frontale, c'est d'abord une construction mentale qui est construite, morceau par morceau en fonction du déplacement de la source lumineuse.

L'imagination de chacun construit sa propre image de ces empilements colorés.

 

 

 

Et même si les concrétions, et les stalactites sont des vues souterraines classiques, il en résulte une impression particulière de les découvrir ainsi, sous les boulevards de la métropole.

 

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Régulièrement, les petits points lumineux au plafond, me rappellent combien les murs qui nous entourent étaient humides.  

 

 

Vivant entre les morts, source de lumière dans l'obscurité, la pensée enfouie sous terre.

Les chimères des catacombes...

 

Comment parler des catacombes sans montrer un bout d'os?

 

La fascination de circuler entre des restes humains a marqué définitivement l'imaginaire collectif.

Et avant même de voir le moindre petit os, voilà déjà de quoi illustrer tous les fantasmes!

 

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Cet extrait de la Bible (livre d'Ezechiel), placé là, au milieu de nul part, semble à la fois parfaitement à sa place et totalement égaré au milieu des tags fluos...

Mais la présence, ici, de ces 2 dalles destinées à être engloutie dans du béton, est tout une histoire!

 

Une chatière à passer en rampant:  

 

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... un passage étroit, à plus d'un mètre du sol, a été permis, probablement, par le descellement de quelques pierres...

 

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... et me voilà dans un couloir circulaire d'où naissent 6 tunnels (il me semble).

Une ambiance pesante où la raison met un certain laps de temps pour accepter l'identification des résidus qui jonchent le sol.

 

A l'éclairage de ma lampe frontale, c'est (hyper) impressionnant!

 

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Ces ossements ont été entreposés là, pour vider les espaces occupés par les anciens cimetières, et les fosses communes oubliées  (retrouvées lors des grands travaux parisiens d' Haussmann). 

Il ne s'agit aucunement d'une nécropole religieuse.

 

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Il fallait bien, en parler... Parce que c'est bien ce qui fait des catacombes un lieu de mystères.

A la lumière du flash, l'imagination joue moins bien son rôle, mais ces amas osseux n'en restent pas moins impressionnant!

 

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Quand la lumière inonde la pièce, et que les détails apparaissent....C'est un véritable choc visuel.

 

Mais pour ce qui est de l'émotion ressentie, ce n'est en rien comparable avec...

 

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...La découverte de ma route, portion par portion.

C'est au choix:

Je vois là où je mets les pieds (sur quoi je marche, en fait...), ou je dévoile mon chemin à venir... 

 

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Des fémurs et des câlotes crâniennes en vrac droit devant  ... et une issue bouchée un peu plus loin!

Contrairement à mes craintes, ces restes humains sont résistants.

J'ai marché sur certains d'entre eux (faute de choix, une fois engagé, il faut bien avancer)...et contre toute attente, malgré leur âge, l'humidité ambiante, mon poids, mes ressentiments et autres fantasmes... Ils sont restés intacts.

 

Le pillage de ces reliques humaines a fait disparaître la plupart des crânes.

N'en laissant que quelques uns pour des mises en scène macabres...

 

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Dont je n'ai décidé de garder en image que le bar des cassoulets.

 

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Les têtes de mort sont bien évidemment le thème récurrent ici-bas!

 

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Sculptées, dessinées ou peintes.

 

 

Des représentations qui expriment plus les fantasmes de leurs auteurs qu'une volonté délibérée de faire peur.

 

Les légendes indissociables à ces corridors sont légions, difficile pour un novice tel que moi d'en démêler tous les fils.

 

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JC Saratte, un catacop (policier) célèbre pour sa passion des lieux a sa plaque ici.

Mais il n'est pas le seul...

   

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Des histoires, légendes et anecdotes sont rattachées à plusieurs endroits, dont les noms évocateurs en restituent une partie.

 

Le parcours est ponctué d'étapes qui sont parfois historiques, ou artistiques....mais ce sont, parfois, des pauses qui s'imposent d'elles-même. 

 

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Des salles nous accueillent, même si la fatigue est loin quelque part derrière la curiosité, s'asseoir et laisser la bride au cou de son imagination, ici,  est un moment très particulier.

 

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J'y ai vu des installations parfois élaborées, avec bar, et appliques murales, des décorations parfois recherchées, mais la plupart du temps ce sont des décorations succinctes....

 

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Bancs et table taillés dans la pierre.

 

Ces salles qui peuvent être un élargissement aménagé de la galerie ou bien un véritable dédale de pièces à la décoration surchargée.

 

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Des histoires hantent les lieux telles celle de cette jeune fille tombée dans un puits à sec,

 

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ou celle de ce gardien prénommé Philibert égaré, lampe éteinte, retrouvé bien plus tard...bien trop tard...

Il n'aurait été identifié que grâce à son trousseau de clefs!

 

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Des anecdotes qui laissent des noms colorés aux lieux tel le bar des Rats, le carrefour des morts, la plage, le cellier...  

 

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Là encore,impossible à retranscrire mon ressenti hors de son contexte. 

Les découvertes se font progressivement, un détail juste aperçu semble disparaître à l'apparition d'un autre.

L'image globale se construit comme à tâton.

 

Encore une surprise dont l'image qui me reste en tête est la précédente plutôt que la suivante:

 

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Un pilier totalement sculpté, des mosaïques des bas reliefs mis en couleurs....et je trouve même un poème sur une plaque de plexiglas: une ode à  la séparation d'un couple cataphile.

 

Comment ne pas percevoir les émotions qui flottent ici?

Entre Les heures passées ici pour sculpter l'intégralité du pilier et des bas reliefs sur chaque mur ...  les moments si intensément vécus, ici même, par ce couple...

Comment ne pas s'assoir et laisser son imagination dériver dans l'obscurité, tenter de percevoir les bribes de ce passé et d'en tricoter une (sa) trame logique?

 

Ainsi, les découvertes sont parsemées tout au long du circuit:

 

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Et si juste au dessus, à la surface, le même axe et la même plaque existent.... il ne semble pas possible que la rue s'arrête...Alors qu'ici bas, rien ne semblerait l'interdire! 

Perdue au milieu des tags, noyée dans l'obscurité,  cette plaque prend nécessairement un double sens lorsqu'on la découvre ici...

 

Certains signes qui sont là rappellent que l'errance dans ces galeries n'est pas sans risques.

Les chutes ne sont pas le seul danger, les effondrements (fontis) peuvent isoler le promeneur dans un bout de galerie, ou le forcer à prendre un chemin qu'il ne connaît pas, ou qui n'est pas sur son plan...

 

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13°C en promenade, c'est agréable, mais perdu et après plusieurs dizaines d'heures, c'est l'hypothermie assurée.

C'est un coup à devenir une des anecdotes du coin!  

 

En début de soirée, alors que nous sortions de cet univers souterrain, plusieurs groupes nous ont croisés.

Peu de mots ont été échangés, mais à chaque fois il y avait un lien perceptible entre nous, un peu à la manière des marins, ou des montagnards entre eux.

 

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Les catacombes et son image morbide...sont presque déjà derrière.

Curieusement, le souvenir que j'en ai conservé est plutôt celui d'un espace vivant et riche d'une histoire.

 

Je pense qu'il n'aura échappé à personne que Jérôme Mésnager est passé par là....

Et, à l'image du sujet de cet article, son Corps Blanc est là, lui aussi.

 

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La blancheur de la peinture le fait presque surgir des ténèbres.

Debout, appuyé sur ce mur,

Il semble (nous) écrire quelque chose...

 

Tête en l'air...

L'oeil écarquillé...

La lumière braquée sur le mur...

Je trébuche!

 

Eh oui, en pleine lumière j'aurai bien vu qu'il était assis sur un tas de remblai!

 

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La 3e partie de cette promenade traitera du "sub street art", et réservera bien des surprises aux habitués du blog....enfin, pour ceux qui nous pas déjà traîné dans les catacombes.

 

Si vous ne les avez pas déjà consultés voici les liens de mes autres articles sur le sujet:

Les catacombes, quelques points d'histoire (partie1/3)

Faune et flore des catacombes (partie 3/3)

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commentaires

gavroche 26/07/2011 11:16


Bonjour très intéressant à lire et regarder,une chose est sur c'est que je n'aurais pas pu rester sous terre pour visiter.
merci pour ce moment passer à regarder ta page.
bon mardi amitiés


Rolvel 27/07/2011 08:16



Merci.  Je tenais à présenter ces lieux tels que je les ai moi-même découvert. Si le courant est passé, alors tant mieux.


Bonne journée.



Balladine 25/07/2011 22:11


Mesnager ici bas ?
Mais dites moi pas qu'c'est pas vrai !
;0)


Rolvel 27/07/2011 08:13



Si si, c'est vrai ;-)


Il y en aura plus dans la 3e partie....



Balladine 25/07/2011 22:09


Très impressionnant et glauque à souhait !
Quelle aventure, je suis partagée entre l'intérêt que je partage pour ce monde souterrain et une furieuse envie de sortir de cet univers morbide...


Rolvel 27/07/2011 08:12



Cet ossuaire n'est pas le reflet de l'ensemble de cette journée, mais il en a fait partie, et il faut bien reconnaître que c'est ce qui donne cette notoriété aux galeries souteraines de
Paris. Personnellement j'ai apprécié l'ensemble des découvertes de ce jour là. Les ossements n'en ont pas été nécessairement le point d'orgue...même si ce fût un moment fort.


Bonne journée!



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