Les catacombes...
Comme je l'ai signalé dans mes précédents articles sur le sujet, les galeries souterraines parisiennes se dévoilent de proche en proche, à la lueur de sa frontale.
Un sentiment unique, mais que je n'ai jamais trouvé oppressant.
Une découverte progressive qui justifie parfois la mise en scène de ses trouvailles...
... Et comment graver "plus que l'objet" dans sa mémoire, comment rendre l'effet de l'instant?
... et quand cette mise en scène permet, en plus, de créer le regret du copain qui a trouvé le bon prétexte pour ne pas partager cette randonnée ...
Les galeries sont un lieu interdit , mais ne vous y trompez pas, c'est une véritable fourmilière...
... et même si les rencontres s'y font rares, les traces de passages y sont multiples...
... des traces contemporaines mais parfois, aussi, d'autres, datant de plusieurs siècles .
Sans être historien, ni archéologue, il est parfois difficile de réprimer un frisson à la vue de certains éléments historiques et rares.
Outre les fresques bigarrées récentes des cataphiles tagueurs, chaque mur possède sa signature (incluant l'initiale de l'ingénieur des mines et de l'année de répertoriage).
Certaines de ces inscriptions sculptées et ombrées au "noir animal", ont une finesse surprenantes pour de tels lieux.
Ce réseau souterrain amène bien des questions, à chaque boyau emprunté afflue une vague d'interrogations.
Les traces sont multiples (repères géographiques ou d'orientation, témoignages, commémorations, clins d'oeil, mises en scène, salles / Bars...)
Des images d'un passé pas si ancien me viennent à l'esprit...
Pendant l'occupation ce devait-être la folie, ici bas.
Et pourtant les résistants et les occupants allemands semblent avoir dédaigné ce terrain et le conserver comme une "zone neutre".
Il faut bien reconnaître qu'il y a peu d'accès (et donc de sorties), des risques d'effondrements, de s'égarer, de se faire repérer (par l'écho ou un éclat lumineux), de choir dans un puits...
Des éléments qui ne sont favorables ni aux combats, ni à une retraite rapide.
C'est probablement d'ailleurs pourquoi les Communards de 1871 qui s'y sont réfugiés se sont fait exterminer...
Cependant, être 20 mètres sous terre offrait une réelle protection contre les agressions aériennes.
Un ensemble de salles a ainsi été isolé et aménagé en blockhaus vers le jardin du Luxembourg.
Le bunker allemand.
Une zone inaccessible à partir des souterrains car elle était cloisonnée par de solides portes.
L'accès se faisait par cet escalier métallique.
Cette signalisation de circuits et les précautions d'usage semblent avoir été notées il y a peu...
... Et si les informations laissées en 1780 sont toujours aussi nettes comment imaginer que celles datant de 1940 aient disparu?
Dans la série des reliques ayant mal vieillies, je vous présente les portes...
... Et les bouteillons.
J'ai d'abord pensé à un poêle, mais il semble que se soit plutôt des cantines destinées à transporter de la soupe chaude...
...parce qu'ici, un poêle n'a pas vraiment lieu d'être (température stable a l'année) sans parler du risque d'intoxication.
Le bunker allemand, de par sa connotation, exacerbe les imaginations...
Voici une autre surprise propre à ces galeries.
Ils étaient 7.
6 ont été remblayés ou se sont effondrés Il n'en reste qu'un:
le cabinet Gambier-Major, dit Saint-Jacques ... (sans parler de la reproduction qui siège dans la cave des Capucins).
Il n'en reste donc qu'un ...et pourtant... Dans ce dernier restant, on peut lire l'inscription suivante :
« Bancs de pierre de cette carrière »
De la surface de la terre au banc de roche 13 mètres - 40 pieds »
... Ce qui ne correspond pas à ce que j'ai vu!
Le cabinet minéralogique ND des Champs
Les cabinets minéralogiques sont des "démonstrations pédagogiques à l'ancienne", et c'est bien là tout leur charme!
Telle une série de bocaux étiquetés et classés qui s'entassent sur les étagères d'un laboratoire:
Il s'agit d'une visualisation concrète, pratique..
Un rien archaïque, cette démonstration scientifique au charme suranné fut une véritable découverte à mes yeux.
Dans cette salle, se trouvent deux escaliers dont chaque marche recueillaient un échantillon.
Ainsi chaque strate du sol puis du sous-sol était représentée et, sur les banquettes ceinturant la salle reposaient divers outils, ossements, fossiles et autres concrétions trouvés lors du forage.
Bien évidemment, aujourd'hui, ces éléments ne sont plus là... (ce lieu, lui-même, n'existe plus officiellement!)
Mais des inscriptions parfois encore lisibles indiquent ce que supportait chacune des marches.
Il s'agit d'une découverte qui se mérite!
Mais après une chatière en "Z" à passer en rampant, c'est un sentiment extraordinaire qui m'a envahi...
... Comment ne pas se sentir un brin archéologue...
...A la recherche d'une salle oubliée...
...même si des détériorations évidentes signent le passage d'indélicats.
Et, ici aussi, la mise en scène est indispensable. Elle se justifie amplement par l'effort fourni pour parvenir jusqu'ici...
C'est comme ICI avec la vague d'Hokusaï, quelques bougies fixent ce moment rare avec un supplément d'intensité.
...Et c'est tout compte fait le seul éclairage qui convienne à cette salle...
...parce qu'une lumière crue et blafarde en supprimerait toute la charge historique, le charme désuet et un rien théâtral à cette vision scientifique du XIX siècle.
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