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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:00

Les catacombes...

 

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Comme je l'ai signalé dans mes précédents articles sur le sujet, les galeries souterraines parisiennes se dévoilent de proche en proche, à la lueur de sa frontale.

 

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Un sentiment unique, mais que je n'ai jamais trouvé oppressant.

 

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Une découverte progressive qui justifie parfois la mise en scène de ses trouvailles...  

 

 

... Et comment graver "plus que l'objet" dans sa mémoire, comment rendre l'effet de l'instant?

 

 

... et quand cette mise en scène permet, en plus, de créer le regret du copain qui a trouvé le bon prétexte pour ne pas partager cette randonnée ...

 

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Les galeries sont un lieu interdit , mais ne vous y trompez pas, c'est une véritable fourmilière...

 

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... et même si les rencontres s'y font rares, les traces de passages y sont multiples...

 

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... des traces contemporaines mais parfois, aussi, d'autres, datant de plusieurs siècles .

 

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Sans être historien, ni archéologue, il est parfois difficile de réprimer un frisson à la vue de certains éléments historiques et rares. 

 

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Outre les fresques bigarrées récentes des cataphiles tagueurs, chaque mur possède sa signature (incluant l'initiale de l'ingénieur des mines et de l'année de répertoriage).

 

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Certaines de ces inscriptions sculptées et ombrées au "noir animal", ont une finesse surprenantes pour de tels lieux.

 

 

 

Ce réseau souterrain amène bien des questions, à chaque boyau emprunté afflue une vague d'interrogations.
Les traces sont multiples (repères géographiques ou d'orientation, témoignages, commémorations, clins d'oeil, mises en scène, salles / Bars...)

 

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Des images d'un passé pas si ancien me viennent à l'esprit...

 

 

Pendant l'occupation ce devait-être la folie, ici bas.
Et pourtant les résistants et les occupants allemands semblent avoir dédaigné ce terrain et le conserver comme une "zone neutre".

 

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Il faut bien reconnaître qu'il y a peu d'accès (et donc de sorties), des risques d'effondrements, de s'égarer, de se faire repérer (par l'écho ou un éclat lumineux), de choir dans un puits...

Des éléments qui ne sont favorables ni aux combats, ni à une retraite rapide.

 

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C'est probablement d'ailleurs pourquoi les Communards de 1871 qui s'y sont réfugiés se sont fait exterminer...

 

Cependant, être 20 mètres sous terre offrait une réelle protection contre les agressions aériennes.
Un ensemble de salles a ainsi été isolé et aménagé en blockhaus vers le jardin du Luxembourg.

 

Le bunker allemand.

Une zone inaccessible à partir des souterrains car elle était cloisonnée par de solides portes.

 

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L'accès se faisait par cet escalier métallique.

 

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Cette signalisation de circuits et les précautions d'usage semblent avoir été notées il y a peu...
... Et si les informations laissées en 1780 sont toujours aussi nettes comment imaginer que celles datant de 1940 aient disparu?

 

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Dans la série des reliques ayant mal vieillies, je vous présente les portes...

 

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... Et les bouteillons.

 

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J'ai d'abord pensé à un poêle, mais il semble que se soit plutôt des cantines destinées à transporter de la soupe chaude...

 

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...parce qu'ici, un poêle n'a pas vraiment lieu d'être (température stable a l'année) sans parler du risque d'intoxication.

Le bunker allemand, de par sa connotation, exacerbe les imaginations...

 

 

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Voici une autre surprise propre à ces galeries.

 

Ils étaient 7.
6 ont été remblayés ou se sont effondrés Il n'en reste qu'un:

le cabinet Gambier-Major, dit Saint-Jacques ... (sans parler de la reproduction qui siège dans la cave des Capucins).

 

Il n'en reste donc qu'un ...et pourtant...  Dans ce dernier restant, on peut lire l'inscription suivante :
« Bancs de pierre de cette carrière »
De la surface de la terre au banc de roche 13 mètres - 40 pieds »

... Ce qui ne correspond pas à ce que j'ai vu!

 

Le cabinet minéralogique ND des Champs

 

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Les cabinets minéralogiques sont des "démonstrations pédagogiques à l'ancienne", et c'est bien là tout leur charme!

 

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Telle une série de bocaux étiquetés et classés qui s'entassent sur les étagères d'un laboratoire:

Il s'agit d'une visualisation concrète, pratique..

Un rien archaïque, cette démonstration scientifique au charme suranné fut une véritable découverte à mes yeux.

 

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Dans cette salle, se trouvent deux escaliers dont chaque marche recueillaient un échantillon.

Ainsi chaque strate du sol puis du sous-sol était représentée et, sur les banquettes ceinturant la salle reposaient divers outils, ossements, fossiles et autres concrétions trouvés lors du forage.

 

Bien évidemment, aujourd'hui, ces éléments ne sont plus là... (ce lieu, lui-même, n'existe plus officiellement!)

 

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Mais des inscriptions parfois encore lisibles indiquent ce que supportait chacune des marches.

 

Il s'agit d'une découverte qui se mérite!

Mais après une chatière en "Z" à passer en rampant, c'est un sentiment extraordinaire qui m'a envahi...

 

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... Comment ne pas se sentir un brin archéologue...

 

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...A la recherche d'une salle oubliée...

 

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  ...même si des détériorations évidentes signent le passage d'indélicats.

 

Et, ici aussi, la mise en scène est indispensable. Elle se justifie amplement par l'effort fourni pour parvenir jusqu'ici...

 

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C'est comme  ICI avec la vague d'Hokusaï, quelques bougies fixent ce moment rare avec un supplément d'intensité.

 

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...Et c'est tout compte fait le seul éclairage qui convienne à cette salle...

 

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...parce qu'une lumière crue et blafarde en supprimerait toute la charge historique, le charme désuet et un rien théâtral à cette vision scientifique du XIX siècle.

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:14

(suite et fin de ma série d'articles sur les catacombes)

Comme d'habitude sur ce blog, je vous conseille de passer la souris sur les photos.

 

 

LES CATACOMBES

 

..... ici bas, la peinture est à l'honneur, mais la sculpture ne l'est pas moins!

 

 

Comme le montre ce golem de la Plage.

Régulièrement on contourne des  piliers qui sont sculptés...

 

 

... Si j'en crois mon guide, un amateur s'est installé ici à plusieurs reprises pour reproduire.....

 

 

... un modèle trouvé dans une revue "play boy".

 

 

Des décorations colorées émailleront mon parcours....

 

 

.... Mais là encore, localisation oblige, impossible de ne pas sombrer dans l'ambiance si particulière des lieux.

 

 

On trouve aussi des traces de la vie de château:

 

 

Voici une image dont je suis fier.

Il s'agit du montage de 5 photos, les raccords sont nickels, le sac poubelle n'est plus visible.

 

 

 

J'ai déjà reproduit cette vague moi-même, et la retrouver ici, est un souvenir extraordinaire.

 

 

Un souvenir tip-top?

En fait, l'émotion du moment n'a été perçu qu'avec la vue suivante.

Un compagnon de randonnée, m'a aidé à le comprendre:

 

Philippe, un canadien, a défriché cette partie, simplement en posant 5 bougies au sol: "C'est comme cela que je l'ai découvert" m'a t-il dit.

Et je l'ai remercié, sincèrement, pour cette image magique qui me reste encore en mémoire.

 

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L'art est omniprésent dans ces tunnels, des artistes reconnus ... ou pas... ont laissé de quoi motiver à pousser toujours un peu plus loin cette rando si particulière.

 

 

C'est ainsi que j'ai découvert "Le cri", en me retournant.

Pour un peu, je passais sans le voir!

 

Les oeuvres personnelles, comme les reproductions, ou les clins d'oeil ne manquent pas...

 

 

 

Qu'il soit talentueux, vulgaire, délirant, puéril, voire amusant ce "Substreet Art" (oserai-je dire) a trouvé sa place, ici.

 

 

En fait ces fresques me rappellent étrangement celles de certaines salles de garde des hôpitaux de Paris...

 

 

...Pas uniquement pour leur esprit potache...

 

 

 

... mais souvent aussi pour un joli coup de pinceau détournant des références!

 

 

Avec ces photos, on s'éloigne de l'imaginaire "traditionnel" des catacombes, non?

 

 

 

Chaque salle possède ainsi son style (son âme?), et j’imagine aisément que l’ambiance du bar des Rats n’est en rien comparable à celle du Cellier ou de la Plage, même si lors de mon passage, je n’y ai rencontré personne.

 

 

 

Les 2 peintures suivantes sont des "reliques", parmi les toutes premières.

Elles accueillaient les cataphiles...

 

 

.... lorsque l'accès se faisait encore par là!

 

 

Comme je l'ai déjà écrit, avancer dans les catacombes est un sentiment similaire à celui ressenti le long de la Petite Ceinture.

La ville est là, tout autour, on en voit ses traces, on en perçoit ses rumeurs, mais on déambule "ailleurs"...

 

 

... lors de cette 1ère descente, j'ai immanquablement perçu cette ambiance qui rapproche ces espaces.

 

 

Le retour à la surface est déroutant, le bruit des rues, les odeurs et les lumières de la villes ont vite été oubliés … même le vent et à redécouvrir!

Il existe probablement des accès "cleans et directs" à certaines galeries empruntées ce jour là.

 

 

Mais pénétrer à la "sauvette" dans les boyaux et les parcourir avec de l'eau aux genoux, courbé en deux, voire à plat ventre, fait partie des "droits d’accès" dont je n'aurai pas voulu me priver!

C'est une aventure (sub) urbaine qui se vit ...

 

 

 

PS:

 

Je tiens à remercier mon guide, patient et généreux en explications.

Je tiens à préciser que cette "promenade" ne s'improvise pas. les dangers sont multiples, et se perdre n'en est pas un des pires:

Les barres métalliques au plafond (bas) de certaines salles ne sont pas sans risques.

 

Il faut:

- songer à emmener au moins 2 sources de lumières.

- se méfier des plafonds bas (risque de heurts ou d'effondrement!).

- ne pas partir sans eau (éviter de boire celle des puits malgré sa limpidité)

- ne pas oublier son gâteau au chocolat   ;-)

 

voici les liens de mes articles précédents:

Les catacombes, quelques points d'histoire (partie1/3)

Quand l'imagination se joue de la réalité (les catacombes partie2/3)

Faune et flore des catacombes (partie 3/3)

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 14:05

Comme d'habitude sur ce blog, je vous conseille de passer la souris sur les photos.

Dans cet article, j'ai favorisé les vues telles que je les ai découvertes, les vues alternatives proposeront parfois la même scène prise au flash, plus détaillée mais moins fidèle quant à l'ambiance.

 

 

Les catacombes...

 

Lieu de tous les fantasmes, des rêves comme des craintes, l'imaginaire est libre d'y prendre toutes les formes, ce ne sera fonction que des limites de chacun.

 

 

Les galeries souterraines de Paris s'offrent aux plus curieux, mais restent, officiellement, interdites (même si on a vu encore récemment, des "aventuriers" qui s'y sont égarés plusieurs heures).

 

 

C'est donc nécessairement une place de libre expression, un espace où les limites sont celles d'autrui...

J'ai déjà éprouvé une telle impression:

c'était lors de ma première sortie sur les voies de la Petite Ceinture (voir ICI), un espace qui présente tout compte fait beaucoup de similitudes avec les "catacombes".

 

Il s'agit aussi d'un site qui a perdu son rôle utilitaire, puis peu à peu, de désaffecté il sombre dans un oubli général.

Un milieu semblant devenu désormais inaccessible, mais récupéré par quelques passionnés, marginaux, voire (anciens) professionnels des lieux.

 

 

Les personnes ne s'y croisent pas nécessairement pour les mêmes raisons, mais ils ressentent en l'autre le même moteur: le goût pour un espace chargé d'histoire, sans artifice, et ne demandant qu'à être réapproprié.

 

Que l'on soit promeneur, spéléo, pompier, fêtard ou ermite, on perçoit la part de l'autre qui est attachée à ces galeries, et c'est certainement pourquoi chacun se salue, ici...  Comme lors des rencontres sur les rails encerclant Paris, ou sur un chemin de grande randonnée.

 

 

Tout comme la Petite Ceinture, les traces contemporaines sont logorrhéiques, un rien diarrhéiques:

 

des tags à la limite de la lecture, recouvrant les murs du sol au plafond, vides de sens hormis pour les membres du "crew"...

Un besoin identitaire qui a trouvé sa place, ici, entre initiés. Des empreintes qui ne resteraient pas aussi longtemps visibles, ailleurs.... comme là haut, à la surface.

 

 

 

Mais le besoin de laisser sa trace ne date pas du 20e siècle, allez donc jeter un oeil dans les geôles du pont des soupirs à Venise, ou dans les galeries des caves de Provins!

 

 

Ici aussi quelques errants ont laissé leurs traces, parfois à peine visibles au milieu des lettres bariolées laissées par les aérosols.

 

 

 

Des empreintes noyées sous les détritus divers et variés:

Comme ces "cataphores" maisons qui sont monnaie courante.

 

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 Et comme les bouteilles vides ...

 

 

...

 

 

...déchets et autres éléments dont la présence ici laisse parfois pantois...

 

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.. je ne cherche même pas à identifier tout ce qui jonche le sol.

 

Malgré la demande expresse taguée régulièrement de ramasser ses détritus...

 

 

(J'aime les katas, je ramasse... Un pochoir fréquent ) les restes de mes prédécesseurs sont légions .

 

Dès que l'on met de la distance avec les points d’accès, ces traces se font de plus en plus rares.

les tags deviennent aussi moins " identitaires "... et plus artistiques.

 

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Ce clin d'oeil à la vague d'Hokusaï a été récemment restauré, ce qui lui confère un aspect flatteur malgré son âge.

 

Du même artiste (Dan)....

 

 

...moins classiques, mais plus humoristiques

 

 

 

Quelque soit la forme, le fond possède régulièrement un élément qui rappelle les lieux:

 

 

Ce peut-être une touche graphique (squelette, ossements ou tombe)...

 

 

 ... un mot ou une phrase.

 

 

Ceci se vérifie pour ce clin d'oeil de la fable du renard et du corbeau...

   

   

... qui démontre que la population cataphile a un goût prononcé pour l'humour (noir - normal vu le lieu!) et les jeux de mots:  

 

 

  Le suffixe cata / Kata- est régulièrement retrouvé dans le coin!

 

J'ai aussi été frappé par certaines rencontres.

 

 

Comme l'omniprésence du corps blanc de J. Mésnager.

 

Cliquez sur l'image pour une vue alternative

 

Ces deux Corps Blancs présentent Aladdin Sane au bar des Rats (je sais, pour beaucoup, c'est Ziggy Stardust...)

 

 

De l'entrée ...

 

 

... aux ossuaires ....

 

 

... pratiquement aucune salle ne m'a semblé lui avoir échappé...

 

 

Bon il est vrai que je ne suis pas allé partout non plus!

 

 

J'ai eu d'autres surprises comme la trace du passage de Mr Chat....

 

 

 

... ou d'une mosaïque de J. Gulon.

Des "collectors" à mes yeux, car je n'imaginait pas les trouver en descendant ici.

 

Un peu partout des personnages de Pac-Man hantent le labyrinthe de ces galeries parisiennes...

 

 

... Et quelle meilleure place pourraient-ils bien trouver?

 

 

 

Je les soupçonne d'ailleurs de servir de repères directionnels plus que de déco branchée...

 

 

Pour rester dans l'esprit jeux vidéo....

 

Mais ce n'est pas tout!

Car des chefs d'oeuvre trônent (traînent) dans ces couloirs.

 

 

Pas (encore tous) recouverts par de multiples couches de tags bariolés.

 

 

 

Telle cette fresque dont les contours ont été réalisé par Druillet "himself"

 

 

(J'ai sa version de Salambô, et le coup de crayon en est indéniablement le même).

 

 

Les décorations des différentes salles peuvent être incroyables, comme

- à la plage qui doit son nom à sa couche de sable,

- au bar des Rats qui reprend le nom d'un groupe qui s'y retrouvait

- ou le bar des cochons qui m'a permis de découvrir Bruno les cochons

 

 

 

Allant de la simple disposition morbides d'ossements jusqu'à la fresque recouvrant la totalité d'un mur,ici bas, la peinture est à l'honneur, mais la sculpture ne l'est pas moins!

.......................

  A suivre... ICI 

 

Pour un affichage optimal de cet article, je dois le scinder (trop de photos sont en illustration).

La fin arrive très rapidement (je corrige les fautes).

 

En attendant si vous ne les avez pas déjà consultés voici les liens de mes articles précédents:

Les catacombes, quelques points d'histoire (partie1/3)

Quand l'imagination se joue de la réalité (les catacombes partie2/3)

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 20:10

Comme d'habitude, je vous conseille de promener la souris sur les photos pour un complément d'informations.

 

Les catacombes...  

 

Après la courte introduction précédente et ses quelques éléments historiques (voir  ICI), il est temps de descendre dans les boyaux de Paname...

 

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Une randonnée à 25m sous terre, dans un labyrinthe à température constante (13°C), sans courant d'air, et où les bruits de la ville disparaissent progressivement.

 

Et, à la manière de la Petite Ceinture (voir  ICI), un sentiment de vivre une "expérience interdite" m'étreint ... non sans plaisirs!

Cette promenade "cachée" permet de replacer bien des informations vues précédemment dans la cave des Capucins, comme les plans d'un ouvrage à même le mur...

 

 Plan échelle 1

 

... ou les puits de visite permettant de contrôler le respect de construction d'un mur ou d'un pilier.

 

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Cette descente 25m sous terre, dans un monde où l'imagination règne, parasitant régulièrement les informations destinées à nos sens.

 

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Mais seulement après un certain temps d'adaptation.

 

 

Fini le fard orangé de la visite pédagogique du matin.

Cette fois, nous sommes dans les couloirs "interdits" à la circulation (depuis 1955).

Les souvenirs que j'en ramène sont à double ton:

 

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Celui de mes souvenirs photographiés, clairs et restituant la réalité des lieux...

Faciles à expliquer aux proches, sur l'écran du salon.

 

Hospice des pères de la Charité frontale   

 

Puis l'autre, celui dont je me souviens, à l'éclairage de ma frontale...

Parce que ce n'est en rien comparable de voir ce mur pris au flash:

 

 Hospice des pères de la Charité

 

Assis au fond de ce puits, j'ai entendu des pas résonner, le passage d'un véhicule ... Aucun doute, la ville est là-haut!

 

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Des sons à peine perceptibles, que peut-être seulement l'habitude aide à identifier...

J'imagine que, dans le noir complet, et éloigné de cet amplificateur, l'imagination dirigerait certainement vers d'autres sources l'origine de ces bruits!

 

Et que dire des choix qui s'imposent?

 

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Pour continuer, il faut choisir un des 2 couloirs...

Le choix est simple:

Une distance plus courte et finir plié en deux pour aboutir à l'objectif....

 

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... Ou plus long et plus confortable... mais il va falloir se mouiller!

 

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Quelle blague, d'ici la fin de la journée j'aurai fait les deux!!!

....Et avec plaisir!

 

J'ai même rampé 4 fois dans une chatière crayeuse parce que j'avais oublié d'aller voir une salle...et que je reste avant tout un grand curieux!

 

Et c'est bien là l'un des charmes de l'exploration de ces carrières.

La juste limite entre la réalité et l'imagination dépend de chacun.

 

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On y prend ce que l'on y trouve... mais c'est passé au filtre de sa personnalité et de son imagination.

De retour à la maison, la confrontation des photos avec les souvenirs met bien en évidence cette dualité.

 

Certains clichés ne valent que par le moment vécu en bas qui s'y rattache.

A l'image de cette concrétion:

dévoilée d'un bloc par le flash, elle surprend un peu au milieu des murs si réguliers des carrières. 

 

 

 

Parcouru à la lueur de la frontale, c'est d'abord une construction mentale qui est construite, morceau par morceau en fonction du déplacement de la source lumineuse.

L'imagination de chacun construit sa propre image de ces empilements colorés.

 

 

 

Et même si les concrétions, et les stalactites sont des vues souterraines classiques, il en résulte une impression particulière de les découvrir ainsi, sous les boulevards de la métropole.

 

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Régulièrement, les petits points lumineux au plafond, me rappellent combien les murs qui nous entourent étaient humides.  

 

 

Vivant entre les morts, source de lumière dans l'obscurité, la pensée enfouie sous terre.

Les chimères des catacombes...

 

Comment parler des catacombes sans montrer un bout d'os?

 

La fascination de circuler entre des restes humains a marqué définitivement l'imaginaire collectif.

Et avant même de voir le moindre petit os, voilà déjà de quoi illustrer tous les fantasmes!

 

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Cet extrait de la Bible (livre d'Ezechiel), placé là, au milieu de nul part, semble à la fois parfaitement à sa place et totalement égaré au milieu des tags fluos...

Mais la présence, ici, de ces 2 dalles destinées à être engloutie dans du béton, est tout une histoire!

 

Une chatière à passer en rampant:  

 

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... un passage étroit, à plus d'un mètre du sol, a été permis, probablement, par le descellement de quelques pierres...

 

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... et me voilà dans un couloir circulaire d'où naissent 6 tunnels (il me semble).

Une ambiance pesante où la raison met un certain laps de temps pour accepter l'identification des résidus qui jonchent le sol.

 

A l'éclairage de ma lampe frontale, c'est (hyper) impressionnant!

 

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Ces ossements ont été entreposés là, pour vider les espaces occupés par les anciens cimetières, et les fosses communes oubliées  (retrouvées lors des grands travaux parisiens d' Haussmann). 

Il ne s'agit aucunement d'une nécropole religieuse.

 

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Il fallait bien, en parler... Parce que c'est bien ce qui fait des catacombes un lieu de mystères.

A la lumière du flash, l'imagination joue moins bien son rôle, mais ces amas osseux n'en restent pas moins impressionnant!

 

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Quand la lumière inonde la pièce, et que les détails apparaissent....C'est un véritable choc visuel.

 

Mais pour ce qui est de l'émotion ressentie, ce n'est en rien comparable avec...

 

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...La découverte de ma route, portion par portion.

C'est au choix:

Je vois là où je mets les pieds (sur quoi je marche, en fait...), ou je dévoile mon chemin à venir... 

 

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Des fémurs et des câlotes crâniennes en vrac droit devant  ... et une issue bouchée un peu plus loin!

Contrairement à mes craintes, ces restes humains sont résistants.

J'ai marché sur certains d'entre eux (faute de choix, une fois engagé, il faut bien avancer)...et contre toute attente, malgré leur âge, l'humidité ambiante, mon poids, mes ressentiments et autres fantasmes... Ils sont restés intacts.

 

Le pillage de ces reliques humaines a fait disparaître la plupart des crânes.

N'en laissant que quelques uns pour des mises en scène macabres...

 

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Dont je n'ai décidé de garder en image que le bar des cassoulets.

 

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Les têtes de mort sont bien évidemment le thème récurrent ici-bas!

 

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Sculptées, dessinées ou peintes.

 

 

Des représentations qui expriment plus les fantasmes de leurs auteurs qu'une volonté délibérée de faire peur.

 

Les légendes indissociables à ces corridors sont légions, difficile pour un novice tel que moi d'en démêler tous les fils.

 

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JC Saratte, un catacop (policier) célèbre pour sa passion des lieux a sa plaque ici.

Mais il n'est pas le seul...

   

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Des histoires, légendes et anecdotes sont rattachées à plusieurs endroits, dont les noms évocateurs en restituent une partie.

 

Le parcours est ponctué d'étapes qui sont parfois historiques, ou artistiques....mais ce sont, parfois, des pauses qui s'imposent d'elles-même. 

 

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Des salles nous accueillent, même si la fatigue est loin quelque part derrière la curiosité, s'asseoir et laisser la bride au cou de son imagination, ici,  est un moment très particulier.

 

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J'y ai vu des installations parfois élaborées, avec bar, et appliques murales, des décorations parfois recherchées, mais la plupart du temps ce sont des décorations succinctes....

 

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Bancs et table taillés dans la pierre.

 

Ces salles qui peuvent être un élargissement aménagé de la galerie ou bien un véritable dédale de pièces à la décoration surchargée.

 

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Des histoires hantent les lieux telles celle de cette jeune fille tombée dans un puits à sec,

 

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ou celle de ce gardien prénommé Philibert égaré, lampe éteinte, retrouvé bien plus tard...bien trop tard...

Il n'aurait été identifié que grâce à son trousseau de clefs!

 

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Des anecdotes qui laissent des noms colorés aux lieux tel le bar des Rats, le carrefour des morts, la plage, le cellier...  

 

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Là encore,impossible à retranscrire mon ressenti hors de son contexte. 

Les découvertes se font progressivement, un détail juste aperçu semble disparaître à l'apparition d'un autre.

L'image globale se construit comme à tâton.

 

Encore une surprise dont l'image qui me reste en tête est la précédente plutôt que la suivante:

 

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Un pilier totalement sculpté, des mosaïques des bas reliefs mis en couleurs....et je trouve même un poème sur une plaque de plexiglas: une ode à  la séparation d'un couple cataphile.

 

Comment ne pas percevoir les émotions qui flottent ici?

Entre Les heures passées ici pour sculpter l'intégralité du pilier et des bas reliefs sur chaque mur ...  les moments si intensément vécus, ici même, par ce couple...

Comment ne pas s'assoir et laisser son imagination dériver dans l'obscurité, tenter de percevoir les bribes de ce passé et d'en tricoter une (sa) trame logique?

 

Ainsi, les découvertes sont parsemées tout au long du circuit:

 

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Et si juste au dessus, à la surface, le même axe et la même plaque existent.... il ne semble pas possible que la rue s'arrête...Alors qu'ici bas, rien ne semblerait l'interdire! 

Perdue au milieu des tags, noyée dans l'obscurité,  cette plaque prend nécessairement un double sens lorsqu'on la découvre ici...

 

Certains signes qui sont là rappellent que l'errance dans ces galeries n'est pas sans risques.

Les chutes ne sont pas le seul danger, les effondrements (fontis) peuvent isoler le promeneur dans un bout de galerie, ou le forcer à prendre un chemin qu'il ne connaît pas, ou qui n'est pas sur son plan...

 

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13°C en promenade, c'est agréable, mais perdu et après plusieurs dizaines d'heures, c'est l'hypothermie assurée.

C'est un coup à devenir une des anecdotes du coin!  

 

En début de soirée, alors que nous sortions de cet univers souterrain, plusieurs groupes nous ont croisés.

Peu de mots ont été échangés, mais à chaque fois il y avait un lien perceptible entre nous, un peu à la manière des marins, ou des montagnards entre eux.

 

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Les catacombes et son image morbide...sont presque déjà derrière.

Curieusement, le souvenir que j'en ai conservé est plutôt celui d'un espace vivant et riche d'une histoire.

 

Je pense qu'il n'aura échappé à personne que Jérôme Mésnager est passé par là....

Et, à l'image du sujet de cet article, son Corps Blanc est là, lui aussi.

 

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La blancheur de la peinture le fait presque surgir des ténèbres.

Debout, appuyé sur ce mur,

Il semble (nous) écrire quelque chose...

 

Tête en l'air...

L'oeil écarquillé...

La lumière braquée sur le mur...

Je trébuche!

 

Eh oui, en pleine lumière j'aurai bien vu qu'il était assis sur un tas de remblai!

 

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La 3e partie de cette promenade traitera du "sub street art", et réservera bien des surprises aux habitués du blog....enfin, pour ceux qui nous pas déjà traîné dans les catacombes.

 

Si vous ne les avez pas déjà consultés voici les liens de mes autres articles sur le sujet:

Les catacombes, quelques points d'histoire (partie1/3)

Faune et flore des catacombes (partie 3/3)

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 05:09

Comme d'habitude, je vous conseille de promener la souris sur les photos pour un complément d'informations.

 

Les catacombes...

 

Comme beaucoup, je connaissais de nom, et de réputation.

L'imaginaire ayant pris le dessus il y a bien des années suite à quelques reportages, "récits d'initiés", d'extraits de livres ou de films.

Bien sûr, je connais l'entrée officielle à Denfert Rochereau, et j’ai déjà vu les habituelles photos d' ossuaire avec ses crânes et fémurs empilés.

 

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J'avais aussi entendu parler, ponctuellement, des "parties" organisées dans les tréfonds parisiens.

Un mélange d’informations qui me laissait entre deux eaux :

Curieux, le circuit touristique me tentais, mais sans excès.

Je n'osais pourtant pas m'aventurer dans les "méandres interdits" sans "parrain".

 

En fait il faut faire la visite officielle!

Parce qu'à moins d'être un fêtard indifférent au monde extérieur, ou un j’m’en foutiste, c'est tout un pan passionnant  de notre histoire qui gît là, sous terre.

 

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Les gravures identifiant chaque mur, les traces disséminées un peu partout sont des informations à posséder, si ce n'est pour sa culture générale, au moins pour comprendre comment se repérer dans le "labyrinthe" des carrières souterraines de Paris, et approcher ce qui s'y est réellement passé.

 

 

Gilles Thomas a guidé ma visite de la carrière des Capucins, un écomusée géré par un groupe de passionnés (http://www.seadacc.com)

Un site exploitant les ressources locales (galeries et matériel) pour expliquer aux visiteurs les tenants et les aboutissants de ces galeries:

 

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Les catacombes sont en fait d'anciennes carrières souterraines d'où nos ancêtres ont extrait les pierres nécessaires à la construction des bâtiments de la surface. Ils passaient par de profonds puits et utilisaient d'énormes treuils.

 

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Lors d'effondrements certaines constructions ont littéralement été englouties, d'où la décision de soutenir "le pays" dès le 18e siècle. Soutenir, signifie que chaque immeuble devait alors avoir des appuis à partir d'un sous-sol ferme, et non plus juste sur la surface du sol.

 

 Cave des capucins Soutient pays

 

C'est la redécouverte des galeries des carrières, et le démarrage de leur identification.

 

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Depuis le début du répertoriage et de la nomenclature précise des murs, galeries, puits et salles diverses, il s'est écoulé quelques siècles.

 

Cette période est encore palpable, là, au fond de Paris.

Ce "tag" qui date de 1783, a été réalisé à la fumée de bougie...

 

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Une trace bien sympathique comparée aux FC (pour frotte connard) et autres signatures bigarrées et souvent illisibles recouvrant les parois des autres galeries. 

 

Cette visite exploite des documents anciens, et des reconstitutions qui utilisent des éléments trouvés dans les galeries.

 

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Beaucoup d'informations recueillies dont je ne regrette absolument pas l'acquisition.

Même si le ton est parfois un rien trop artificiel, à l’image de son éclairage orangé...

 

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...qui accentue artificiellement l'ambiance mystérieuse des lieux.

 

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Il faut bien reconnaître que le rendu à la lumière blanche du flash retire beaucoup des charmes aux vieilles pierres de ces murs!

Et puis les éléments pédagogiques gomment vite les travers de ces mises en scène:

 

Un modèle tracé sur un coin de mur, une gravure la reproduisant, des initiales, un chiffre et une date, il n'en faut pas plus pour se repérer...

 

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... bon, j'exagère il y a aussi des indications plus explicites comme les noms de rues et le point cardinal (levant, couchant , nord ou encore midi ).

 

En fait, le plan de surface suffirait pour se diriger en sous-sol, les axes étant les mêmes (et portant donc le même nom... sauf que parfois, les rues ont changées de nom depuis!)

 

plan.jpg

 

Mais il y manque des indications majeures, tels les puits, les piliers et les noms des salles, ou encore les dangers spécifiques de certains passages (éboulement, niveau d'eau...)

 

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Il y a la fameuse ligne noire au plafond, qui guide vers la sortie.

 

Cave capucin ligne noire 

 

J'ai découvert cette ébauche, tracée à l'échelle 1 sur un mur.

 

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Le tailleur de pierre l'a suivie, en sculptant sur place les pierres nécessaires à la réalisation de l'escalier qui est là, juste à coté!  

 

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C'était ainsi que l'on procédait.

 

null Cave capucin Ecole tailleur pierre4

 

Des apprentis tailleur de pierre contemporains ont aussi laissé leurs traces, montrant qu'un certain savoir faire n'était pas (encore) perdu.

 

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Cette approche non sans charmes, proposée par des passionnés, a permis de constituer mes premiers outils de repérage, mais aussi de ressentir la charge historique qui flottent entre ses murs, et d'éprouver mes premiers sentiments de cataphile...

 

 

 

A poursuivre....

 

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Si vous ne les avez pas déjà consultés voici les liens de mes autres articles sur le sujet:

Quand l'imagination se joue de la réalité (les catacombes partie2/3)

Faune et flore des catacombes (partie 3/3)

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